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Pigments de maquillage permanent : comprendre REACH, les compositions et les marques fiables

Pigments de maquillage permanent : comprendre REACH, les compositions et les marques fiables

C’est l’angle mort de la plupart des clientes : on choisit son institut, sa technique, sa teinte — mais qui s’interroge sur ce qui sera réellement injecté dans son derme pour les années à venir ? Les pigments de maquillage permanent ont pourtant connu une révolution réglementaire et industrielle depuis 2022, qui a redistribué les cartes entre fabricants. Voici ce qu’il faut savoir pour poser les bonnes questions.

Anatomie d’un pigment de dermopigmentation

Un flacon de pigment contient deux familles d’ingrédients : les matières colorantes elles-mêmes (10 à 40 % du produit) et le véhicule qui les transporte — eau, glycérine, alcool isopropylique, épaississants et conservateurs. Les colorants se divisent en trois catégories. Les pigments minéraux, principalement les oxydes de fer (CI 77491 pour le rouge, CI 77499 pour le noir, CI 77492 pour le jaune) et le dioxyde de titane (CI 77891, le blanc), offrent une excellente stabilité et un vieillissement doux mais des teintes moins vives. Les pigments organiques de synthèse, dérivés de la chimie du carbone, donnent des couleurs éclatantes et durables mais ont concentré l’essentiel des interdictions réglementaires. Les formules hybrides, majoritaires aujourd’hui, combinent les deux.

Une idée reçue à corriger : « organique » ne signifie pas « naturel » ni « plus sûr ». C’est une catégorie chimique, pas un label bio.

Ce que REACH a vraiment changé depuis 2022

Le 4 janvier 2022, la restriction du règlement européen REACH sur les encres de tatouage et de maquillage permanent est entrée en application : plus de 4 000 substances interdites ou sévèrement limitées, dont des amines aromatiques cancérogènes, certains hydrocarbures aromatiques polycycliques, des métaux lourds au-delà de seuils stricts, et des conservateurs sensibilisants. En janvier 2023, deux pigments massivement utilisés — le Blue 15:3 et le Green 7 — ont à leur tour été interdits, contraignant toute l’industrie à reformuler ses verts, bleus et certains bruns.

La Suisse, sans être membre de l’UE, a aligné sa législation : l’ordonnance sur les objets destinés à entrer en contact avec le corps humain reprend les exigences européennes, et les chimistes cantonaux contrôlent les produits en circulation. Concrètement, un pigment légalement vendu en Suisse en 2026 répond aux mêmes standards qu’à Paris ou Berlin — à condition qu’il soit acheté par des canaux officiels, ce qui nous amène au vrai sujet.

Le vrai risque en 2026 : les circuits d’approvisionnement parallèles

Les autorités sanitaires européennes l’ont documenté lors des campagnes de surveillance du marché : les non-conformités proviennent massivement de pigments achetés sur des plateformes en ligne généralistes ou importés hors des distributeurs officiels — étiquetage absent, lots non tracés, compositions ne correspondant pas aux fiches déclarées. Une praticienne qui commande ses pigments chez un distributeur officiel suisse ou européen reçoit des produits tracés, avec numéro de lot, date de péremption et fiche de données de sécurité.

La question à poser à votre institut est donc simple : « Quelle marque de pigments utilisez-vous et pouvez-vous me montrer la fiche de conformité ? » La réponse doit être immédiate et documentée, c’est d’ailleurs l’un des sept critères de notre guide de choix d’un institut en Suisse romande.

Les marques qui font référence

Sans prétendre à l’exhaustivité, quelques fabricants dominent le marché professionnel conforme REACH en 2026. Perma Blend et sa gamme LUXE, reformulée pour REACH, reste la référence mondiale en volume, avec des nuanciers complets pour sourcils, lèvres et aréoles. Tina Davies, en partenariat avec Perma Blend, propose des collections pensées par phototype très appréciées pour le travail des lèvres — nous en parlions dans notre article sur le lip blush. Evenflo (Perma Blend également) et Brow Daddy complètent l’offre américaine, tandis que les européens comme PUREBEAU ou Swiss Color — marque suisse historique — revendiquent une conformité native aux standards du continent.

Aucune de ces marques n’est « meilleure » dans l’absolu : la maîtrise de la praticienne dans la dilution, le mélange et l’adaptation au phototype compte davantage que le logo sur le flacon. Mais toutes partagent un point commun : traçabilité complète et documentation accessible.

Pourquoi les pigments vieillissent — et comment

Le pigment implanté subit trois agressions au fil des ans : la phagocytose par les macrophages qui fragmentent et évacuent les particules, la dégradation photochimique par les UV, et la migration lente dans le derme. Les composantes de la teinte ne vieillissent pas à la même vitesse : les oxydes de fer jaunes et rouges s’éliminent souvent plus vite que les bases foncées, ce qui explique les sourcils virant au gris-bleu ou au rosé des anciennes générations de pigments.

Les formulations modernes anticipent ce vieillissement par des correcteurs intégrés, mais aucun pigment n’échappe à la physique : l’exposition solaire reste le premier facteur d’altération. En altitude — et la Suisse romande vit en altitude une bonne partie de l’année —, le SPF 50 sur les zones pigmentées n’est pas une option.

La traçabilité, votre assurance à long terme

Dernier réflexe de cliente avertie : demandez que les références des pigments utilisés (marque, teinte, numéro de lot) figurent sur votre fiche client. En cas de réaction tardive — rare, moins de 1 % des actes selon la pharmacovigilance européenne, mais possible —, cette traçabilité permettra à un dermatologue d’identifier précisément la substance en cause. Les instituts rigoureux le font spontanément ; les autres viennent de vous donner une raison supplémentaire de consulter notre grille d’évaluation.


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