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Réglementation du maquillage permanent en Suisse : cadre légal et obligations 2026

Réglementation du maquillage permanent en Suisse : cadre légal et obligations 2026

Le maquillage permanent touche à l’intégrité du corps : l’aiguille traverse l’épiderme et dépose un pigment dans le derme pour plusieurs années. La Suisse encadre donc cette pratique par un dispositif réglementaire que toute cliente devrait connaître avant de s’allonger sur la table d’un institut — et que toute praticienne doit maîtriser pour exercer légalement.

Le socle fédéral : la LDAl et son ordonnance d’application

Contrairement à une idée répandue, le maquillage permanent ne relève pas en Suisse de la loi sur les produits thérapeutiques (LPTh) mais de la législation sur les denrées alimentaires et les objets usuels (LDAl). L’ordonnance sur les objets destinés à entrer en contact avec le corps humain précise les exigences applicables aux encres de tatouage et de maquillage permanent : composition, étiquetage, stérilité.

Depuis l’alignement progressif sur le règlement européen REACH entré en vigueur en janvier 2022, plus de 4 000 substances sont interdites ou restreintes dans les pigments, dont certains colorants azoïques et le fameux Blue 15:3 qui avait agité la profession. Les contrôles sont assurés par les chimistes cantonaux, qui peuvent prélever et analyser les pigments utilisés dans les instituts. En 2023, une campagne de contrôle intercantonale avait révélé des non-conformités d’étiquetage sur près d’un tiers des échantillons prélevés — un chiffre qui rappelle l’importance de choisir un institut exigeant sur ses fournisseurs.

L’hygiène : l’ordonnance et les exigences de stérilité

Le cœur du dispositif sanitaire repose sur l’obligation d’utiliser du matériel stérile à usage unique pour tout ce qui perce la peau : aiguilles, cartouches, capuchons de dermographe. Les instituts doivent pouvoir documenter la traçabilité de leurs consommables. Les recommandations de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) en matière de prévention des infections transmissibles par le sang — hépatite B, hépatite C, VIH — s’appliquent pleinement aux activités de dermopigmentation.

Une praticienne sérieuse vous montrera spontanément l’ouverture des emballages stériles devant vous. Si ce geste n’est pas systématique, partez.

Canton de Vaud : annonce obligatoire et inspections

Dans le canton de Vaud, où sont établis de nombreux instituts entre Lausanne, Montreux et Yverdon-les-Bains, les activités de tatouage et maquillage permanent doivent être annoncées au médecin cantonal. L’Office du médecin cantonal peut procéder à des inspections des locaux : surfaces lavables, zone de désinfection séparée, gestion des déchets piquants dans des conteneurs homologués.

Le canton exige également une information écrite remise à la cliente avant la prestation, mentionnant les risques, les contre-indications et les consignes de soin — un document que notre guide de cicatrisation vous aide à décrypter.

Genève et Valais : des nuances cantonales à connaître

À Genève, le règlement sur les instituts de beauté soumet l’exploitation à autorisation et impose des exigences de formation pour les actes invasifs. Le Service du médecin cantonal y tient un registre des établissements annoncés. En Valais, canton touristique où l’activité saisonnière attire des praticiennes itinérantes, les autorités sanitaires rappellent régulièrement que l’exercice en domicile privé ou en chambre d’hôtel sans annonce constitue une infraction.

Cette mosaïque cantonale crée une asymétrie : une praticienne formée et installée à Lausanne n’a pas les mêmes obligations administratives qu’à Genève. Pour la cliente, le réflexe reste identique : demander si l’institut est annoncé auprès des autorités sanitaires de son canton.

La formation : un angle mort réglementaire

Point crucial : la Suisse n’impose aucun diplôme fédéral spécifique pour pratiquer le maquillage permanent. N’importe qui peut légalement acheter un dermographe et ouvrir un institut, sous réserve de respecter les règles d’hygiène et d’annonce cantonales. C’est précisément cette absence de filtre qui rend la vérification des certifications privées indispensable : formations certifiantes reconnues par la branche, heures de pratique documentées, formation continue auprès des fabricants de pigments.

Les organisations professionnelles comme l’ASEPIB militent depuis des années pour un encadrement plus strict de la formation, sans aboutir à ce jour. Dans l’intervalle, la qualité repose sur l’autorégulation — et sur la vigilance des clientes, comme nous le détaillons dans notre comparatif des instituts certifiés de Suisse romande.

Dermopigmentation réparatrice : la frontière médicale

Lorsque la dermopigmentation devient réparatrice — reconstruction d’aréole après mastectomie, camouflage de cicatrices, densification capillaire après alopécie —, elle peut s’inscrire dans un parcours de soins coordonné avec des médecins. Certaines assurances complémentaires prennent alors en charge tout ou partie de l’intervention, sur prescription. La frontière entre l’esthétique et le paramédical reste juridiquement floue, mais les praticiennes spécialisées travaillent généralement en réseau avec des services de chirurgie plastique, comme ceux du CHUV à Lausanne ou des HUG à Genève.

Checklist de la cliente avertie

Avant toute séance, vérifiez ces cinq points : institut annoncé auprès du canton, matériel stérile ouvert devant vous, fiche de conformité REACH des pigments disponible, consentement éclairé écrit, et consignes de soin post-traitement remises sur papier. Un institut qui coche ces cinq cases démontre un professionnalisme qui dépasse le minimum légal — c’est exactement ce que vous cherchez.


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